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Conseil supérieur de l’Education du 19 septembre 2013 - Déclaration liminaire de la CGT-FO
Publié le 29 septembre 2013 | Snudi-fo 22

Conseil supérieur de l’Education
du 19 septembre 2013

Déclaration liminaire de la cgt-FO

Madame la présidente,

Nous souhaitons faire une déclaration à l’intention de monsieur le ministre.
La réalité de cette rentrée scolaire est très éloignée des déclarations rassurantes que nous avons pu entendre.

Le premier ministre a présenté, hier, son plan sur les retraites qui allongerait la durée de cotisation à 43 ans. Quand on sait que l’âge moyen d’entrée dans le métier est de 25 ans pour un enseignant et à peine moins pour un administratif, cela signifie qu’il faudra travailler jusqu’à 68 ans !

Les traitements vont encore diminuer avec la hausse des cotisations, sans parler des augmentations d’impôts directs, indirects et locaux.

Qu’il s’agisse des retraites, des salaires, des statuts, le gouvernement continue, sur tous les sujets, la même politique que ses prédécesseurs, au nom de l’austérité et de la réduction des déficits.

Force Ouvrière ne peut l’accepter ni pour les retraites, ni pour les salaires, ni pour l’école.

Le recours généralisé aux contractuels, le nombre de postes insuffisant la mise en œuvre du décret du 24 janvier (1), les décrets de mise en œuvre de l’école du socle placent les enseignants, les personnels dans une situation intenable. Le suicide de notre collègue des Bouches-du-Rhône en est l’expression la plus dramatique.

Des titulaires sans affectation à la rentrée, des titulaires déplacés d’autorité pour laisser la place à des contractuels sans aucune formation, des contractuels à qui l’on refuse des temps pleins, des remplaçants affectés sur des postes-classes laissant les écoles sans remplaçants à l’approche de l’hiver….

Chaque jour qui passe voit son lot de désorganisation, de dégradation des conditions de travail, de remise en cause des garanties statutaires. Et ce ne sont pas les annonces sur la « CDIsation » des AVS qui règlent la question de leur intégration dans un corps de la Fonction publique.

Les enseignants devraient récupérer la journée de prérentrée travaillée, au moment où votre décret du 24 janvier les contraint à venir un jour de plus, aggravant ainsi davantage leurs conditions de travail.

Ce n’est pas faute de vous avoir alerté sur les conséquences de ce décret qui, rappelons-le, n’a obtenu aucune voix au CSE et qui a dressé toute la profession contre lui le 12 février dernier.

Sans parler des activités municipales bien souvent inexistantes, de la désorganisation qui règne dans les écoles
à partir de15h30 qui a fait écrire au Parisien à propos des nouveaux rythmes scolaires « le grand bazar ! ».
Sans parler des problèmes d’hygiène qui apparaissent du fait d’une utilisation plus qu’intensive des locaux, de la cour…
Sans parler des semaines de 43 heures et plus pour les élèves, pour une réforme qui voulait alléger les rythmes…

Les informations que nous recevons chaque jour confirment nos pires craintes, les atteintes statutaires se multiplient :

- Les DASEN qui prétendent annualiser les ORS des remplaçants,
- Des enseignants expulsés de leurs classes dès 15h30,
- Des salles de classe dé-sanctuarisées au mépris de la confidentialité des documents concernant les difficultés des élèves,
- Des directeurs convoqués par des élus pour leur reprocher des « fautes professionnelles »,
- Des DASEN sommés par des maires de convoquer des directeurs,
- Des enseignants sommés d’assurer la liaison avec les activités municipales, en dehors de leurs obligations de service,
- Des mairies qui suggèrent « des types de pédagogie à développer »,
- Les mesures de sécurité élémentaires foulées au pied avec la circulation permanente de personnes de tous ordres dans les écoles.

Avec votre décret, le scolaire est contraint par le péri scolaire. Ce décret est contradictoire avec le statut de fonctionnaire d’Etat.

Votre décret place toute l’Education nationale sous l’emprise et la tutelle des collectivités territoriales. C’est la territorialisation de l’école publique.

Vous le voyez, les problèmes soulevés ne peuvent pas être résolus par des aménagements ou des arrangements au sein du comité de pilotage que vous avez constitué.

Monsieur le ministre,
Vous pensiez avoir bouclé l’acte I de la refondation avec la mise en œuvre des rythmes scolaires pour pouvoir engager l’acte II avec les 13 groupes de travail, il n’en est rien.

Les personnels n’acceptent pas.
Il faut suspendre votre réforme, il faut abroger le décret du 24 janvier. Il faut renoncer à adapter les statuts des personnels de toute catégorie à votre loi de Refondation.

Paris le 18 septembre 2013

(1) Décret “sur les rythmes scolaires”

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